Amandine Crozat
July 16th, 2008
site internet d’Amandine Crozat
mail: ac.amandinecrozat@gmail.com
DEMARCHE
« IL ETAIT UNE FOIS … » : constitution d’une mythologie personnelle
Cette célèbre formule, qui ouvre traditionnellement le conte de fées, évoque chez chacun de nous un souvenir lointain, du temps jadis de l’enfance. Elle nous place d’emblée dans un passé imprécis, aux contours mal définis, hors du temps vécu, du temps historique.
« Nous avons tous deux vies : la vraie, celle que nous rêvions enfant et que nous continuons de rêver adulte dans un brouillard, et la fausse, celle que nous vivons chaque jour avec nos semblables, la vie matérielle utile, celle qui nous mène au cercueil » affirme l’écrivain portugais Pessoa. J’inscris mon travail dans la lignée de ces œuvres qui agissent à la frontière entre ces deux vies, qui subtilement transforment le réel vécu en d’étranges autofictions ou mythologies personnelles. Transposer sa vie dans le champ de l’impossible, dans un temps créé, celui de l’écriture ou de la mise en images comme un lieu qui n’aura jamais lieu.
En soignant la mise en scène afin de restituer à la fiction toute sa force évocatrice, je souhaite que chaque personne qui regarde ses photographies puisse recréer son propre univers et s’approprier ses images. La photographie est pour moi un substitut de ma propre vision qui ne me suffit pas. Je veux saisir ce qui échappe à nos yeux, ce qui apparaît derrière des portes magiques. Le « vrai » monde, avec les personnes et les lieux de mon quotidien, côtoie un monde scénographique dit fantastique et donne ainsi naissance à des images surprenantes, sortes de mondes parallèles d’où se dégage une grande poésie, qui ne se donnent qu’à l’être en état de rêverie, à l’être dont la contemplation se propose de pénétrer dans l’intimité du réel.
Un microcosme de l’évasion où de multiples références se mélangent. Un monde où musique et photographie, temps et espace, songe et fantasme se croisent et se fondent. Retrouver ce « Il était une fois … » où tout est encore possible. Rien n’est figé. Tout reste à écrire.

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